Lancé sous le nom de code “Normandie”, connu par une poignée d’initiés. Les rumeurs faisaient courir un autre nom de code : « Versailles »…

Acheté à l’aveugle par les libraires : ce mystérieux livre annoncé « sous X », c’est-à-dire sans informations sur l’auteur ni le contenu du livre, qu’ils ont du commandé en se basant sur le seul chiffre annoncé de son tirage extravagant.

Edité à 250 000 ex…selon les rumeurs. A 80 000 ex en vrai, donc comparable à un Houellebecq ou un Nothomb.

La Fnac a flairé le coup et en a commandé des milliers. Certains plus petits n’ont d’autres choix que de rester prudents et regrettent de ne pas avoir été mis dans la confidence : « Nous aurions aimé être dans la confidence, pour pouvoir en commander davantage », déplore Grégoire Courtois, de la librairie Obliques, à Auxerre

Ce fameux livre mystère qui nous a tenu en haleine tout l’été est finalement paru le 19 septembre dernier, 15 ans presque jour pour jour après la mort de son auteur (décédée le 24 septembre 2004) : Françoise Sagan !

C’est un projet porté par la maison d’édition PLON et sa directrice Sophie Charnavel. Le manuscrit avait été offert à Plon par le fils de Françoise Sagan, il y a déjà 15 ans. L’ancien directeur de la maison d’édition Jean-Marc Roberts, premier fan de l’écrivaine n’avait pas souhaité publier ce manuscrit inachevé, collecté en vrac par son fils (pages manuscrites d’un premier jet, sans contruction ni relecture). Jean-Marc Roberts qui avait déjà collaboré par trois fois avec Françoise Sagan, se refusait à faire intervenir un autre écrivain sur le manuscrit inachevé de Françoise Sagan au risque de le dénaturer.

Sophie Charnavel déclare avoir été émue par ce manuscrit « J’ai adoré cette écriture à fleuret moucheté, qui décrit les bonnes mœurs d’un monde disparu, le charme discret de la bourgeoisie. Sagan est hypertransgressive sans avoir l’air d’y toucher. »

Au contraire de son prédécesseur, elle s’est donné pour mission de faire enfin découvrir la dernière oeuvre de la grande Sagan au public. En collaboration avec Denys Westhoff le fils de la romancière, ils se sont attachés à sa reconstruction.

« Sagan n’a pas relu et retravaillé comme elle le faisait d’habitude, il reste des incohérences, assume Sophie Charnavel. Nous avons fait une coupe dans un paragraphe parce que cela ne fonctionnait pas sur un personnage. Denys a fait de son côté un travail de puzzle, pour remettre en ordre des feuillets déplacés, un travail d’orfèvrerie. » Denys Westhoff raconte : « J’ai comblé les trous. Je connais suffisamment ma mère pour savoir quel mot elle aurait utilisé. »

Le résumé :

Fils d’un riche industriel tourangeau ayant fait fortune dans les légumes, Ludovic Cresson est victime d’un terrible accident de voiture (on pense évidemment à celui qui failli coûter la vie à la romancière en avril 1957). Avant l’accident, son couple battait déjà de l’aile. Marie-Laure, son épouse « sophistiquée et sans culture » dédaigne cet homme diminué. La mère de Marie-Laure, Fanny (dont le mari Quentin est mort dans un accident d’avion) n’est pas insensible au charme de son gendre…

Les critiques :

« Je l’ai lu comme un roman complet, un excellent Sagan. Les dernières phrases sont une fin plausible, même si on peut en envisager d’autres. Je pense qu’un tour de force a été accompli avec le travail d’édition. » déclare Jean-Claude Lamy auteur de la biographie de Sagan, Françoise Sagan, une légende

Le Monde livre sous la plume de Véronique Ovaldé une critique enthousiaste de ce texte posthume: « Perce à tout moment, sous la plume saignante de Sagan, une compassion sincère pour les petits animaux inconsolables et agités que nous sommes. »

Télérama et Le Figaro sont bien plus durs:

Télérama titre “Les Quatre Coins du cœur”, de Françoise Sagan, des retrouvailles manquées. Ce roman posthume, mais surtout inachevé, à l’intrigue plus vaudevillesque que chabrolienne, souffre d’incohérences et de maladresses. Une étrange façon de rendre hommage à l’auteure, pour le 15e anniversaire de sa mort.

Le Figaro : Les Quatre coins du cœur : le roman inédit et si inégal de Françoise Sagan

Alors comme le dit notre happy woman Bénédicte : « Allez, ne tergiversons pas, lisons-le et parlons-en ! »

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