Et voilà, nous y sommes enfin à cette période de l’année où c’est la fête dans les librairies et où l’on parle de livres et de leurs auteurs dans tous les médias.

C’est l’effervescence, on ne sait plus où donner de la tête, alors voici une petite liste des livres que nous avons lus à cette occasion :

  1. La vraie vie d’Adeline Dieudonné  (Alice et Lise)
    • Commentaire de Lise : La vraie vie, c’est celle qu’elle voudrait retrouver, celle d’avant l’accident, l’accident qui a fortement perturbé son petit frère adoré, dont le rire enchantait ses jours et lui permettait de tenir face à ses parents: un père collectionnant les trophées de chasses, véritables cadavres à qui une pièce de la maison est réservée, une mère amibe, absente, toute entière habitée par la peur de ce mari chasseur. Alors l’héroïne, du haut de ses dix ans au moment des faits, essaie de toutes ses forces de contrer l’invasion néfaste qui pourrit la tête de Gilles. C’est féroce, rapide, envoûtant, malsain, glauque à souhait et pourtant on s’attache à ce petit bout de femme et tout ce qu’elle endure. Ça se lit d’une traite, avec une sorte de curiosité voyeuriste, qui malgré tout et une écriture parfaite et fluide, m’a laissé une impression étrange, comme si ce premier roman devait en amener un autre, encore plus abouti.
  2. Elle s’appelait Maria Schneider de Vanessa Schneider (Alice et Florence)
    • Commentaire d’Alice :  Encore un de ceux dont on parle pour cette rentrée littéraire l’histoire de l’actrice du dernier tango à Paris racontée par sa petite cousine. C’est assez terrible de lire la destinée ou plutôt la destruction systématique d’une jeune femme qui est utilisée comme objet de jouissance par son père, qui n’est pas aimée de sa mère et qui ne trouve que cette place là dans le monde, au mieux un objet et au pire un déchet. Et cela malgré la beauté et le succès, malgré l’amitié avec Bardot, avec Delon…
      Ce livre est écrit avec candeur et culpabilité par la petite cousine, elle même issue d’une famille qui a l’air plutôt compliquée et qu’elle décrit dans d’autres livres que j’ai bien envie de découvrir!
    • Commentaire de Florence : Cela se lit d’une traite mais cette vie abîmée est dure et on sent la souffrance, l’impuissance face à la dégringolade mais aussi beaucoup d’amour et de tendresse de sa petite cousine.
  3. Khalil de Yasmina Khadra (Natacha et Alice)
    • Commentaire d’Alice : L’histoire de Khalil, candidat à la vie éternelle via la voie du martyre… Jeune homme ni pire ni mieux qu’un autre, qui trouve sa place parmi les « frères » du Jihad. A travers ce pur roman mais qui s’appuie sur la trame historique récente des attentats de Paris et de Bruxelles, on suit le héros en étant témoin (sans être voyeur) de cette vacuité d’idéologie et cette recherche de sens dans un combat qui ne mène à rien. J’ai trouvé le ton très juste, réaliste mais mesuré, pas de grosses ficelles ou de sentimentalisme. Très bon livre seule petite réserve mise en évidence par Natacha ma collègue du Book club, pour un livre qui se passe à Molenbeek, on y retrouve un langage et des références un peu trop françaises.
  4. Avec toutes mes sympathies de Olivia de Lamberterie
    • Commentaire de Lise : Ce n’est pas un roman, c’est une histoire vraie, une histoire terrible que celle d’Alexandre, Alex, le frère adoré d’Olivia, critique littéraire, rédactrice en chef adjointe à Elle. Ce frère qui s’est suicidé le 14 octobre 2015 et dont elle retrace ici le parcours, leur enfance, l’adolescence, l’âge adulte, de façon sobre et pudique et dans le même temps très directe parfois. Une façon d’exorciser l’impensable? Une façon d’accepter l’impossible? J’ai beaucoup aimé l’ouvrage, avec ses failles (c’est un premier ‘essai’, inégal) mais aussi ses fulgurances, j’ai été très (très) touchée par certains passages. Olivia se souvient, du passé lointain mais surtout de l’été qui a précédé le drame tout en l’annonçant, alternant les chapitres ‘avant’ et ‘après’. Une façon de ne pas oublier, de rester un peu avec lui, de dire merci à tous ceux qui l’ont entourée, elle, ses soeurs, ses parents, pendant les mois de sidération qui ont suivi ce 14 octobre. A apprécier sans doute d’autant plus qu’on est concerné, de près ou de loin, par le suicide ou par ces personnes souvent brillantes, mais brisées quelque part en elles, qui préfèrent un jour le vide à la vie.
  5. Un monde à portée de main de Maylis de Kerangal
    • Commentaire de Sabine : C’est une grande déception car j’avais adoré Réparer les vivants et là patatras… Rien ! Je n’ai pas aimé le sujet, ni le personnage de Paula, ni le style de Maylis de Kerangal dont les phrases sont trop longues, le vocabulaire trop spécialisé, le rythme trop lent… Bref à moins d’être amoureux de la peinture faussaire, j’ai envie de vous dire de passer votre chemin…
  6. Trois fois la fin du monde de Sophie Divry (Muriel)
    • Commentaire de Muriel : Le jeune Joseph Kamal accepte de participer à un braquage pour aider son frère, une petite frappe. Celui-ci tourne mal et son frère est tué par la police. Joseph est emprisonné et va faire l’expérience de l’extrême violence du milieu carcéral qui va le transformer en être violent et misanthrope. L’impensable arrive : une catastrophe nucléaire irradie la moitié de la France et crée le chaos. Joseph en profite pour s’échapper. Les survivants sont peu nombreux et quittent au plus vite la zone de radiation. Vu son casier judiciaire, Joseph choisit de s’enfuir vers la zone désertée.Il se retrouve seul dans un village à la campagne où il s’invente une nouvelle vie. Le roman tourne alors à la « robinsonnade », Joseph s’émerveillant au fur et à mesure de la beauté de la nature et des animaux. C’est une renaissance. Mais la solitude est totale et les vivres deviennent rares. Ce Robinson des temps modernes qui choisit la solitude arrivera-t-il à survivre à celle-ci ? Si l’enfer, c’est les autres, la solitude est-elle la panacée ? … pas sûr. Ce roman ne m’a pas emballée. J’ai aimé la première partie du roman et la confrontation de Joseph au milieu carcéral infernal qui engendre misère et broyage de personnalité et ne favorise que très rarement la réinsertion ultérieure. Par contre, la seconde partie de type « robinsonnade » m’a peu motivée. J’ai trouvé la description lente et ne suis pas parvenue à avoir de l’empathie pour Joseph.
  7. Des raisons de se plaindre de Jeffrey Eugenides
    • Commentaire de Sophia : Recueil de nouvelles qui mettent en scène des personnages à un carrefour de leur existence. Les chemins choisis ne sont pas ceux que la société estimerait appropriés mais l auteur rend les personnages sympas et charmants. Objectivité dans la description sociale mais respect pour le mal-être du personnage et pour son combat intérieur afin de s’accomplir parfois aux dépens des autres. J’ai aimé le regard sur la société à travers différents personnages et situations et surtout le respect avec lequel il traite les problèmes de ces personnages. Avec humour mais sans les ridiculiser.
      Humour fin, un petit sourire qui ressort à la fin de chaque nouvelle.
      Je préfère ces nouvelles aux romans de Eugenides car plus denses et moins lourdes. Comme si dans les romans je perdais l’essentiel du message de la critique sociale dans les détails des vies quotidiennes des personnages. Remarque, je n’étais peut-être pas assez mûre que pour comprendre! Je les relirai pour voir……

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