En cette période surréaliste de confinement, ce poème de Louis Scuténaire tombe à pic. Parce qu’il vaut mieux rire un peu et prendre du recul 😉

« Que chacun reste chez soi !


Les Maoris au Groenland,
les Basques en Éthiopie,
les Peaux-Rouges en Nouvelle-Guinée,
les Picards à Samoa,
les Esquimaux à Bratislava,
les Papous en Wallonie

et les Celtes en Sibérie. »

Louis Scutenaire en poète belge : l’irrespectueux fondamental

1926, ses poèmes de jeunesse sont publiés grâce à Paul Nougé, poète, théoricien et instigateur du surréalisme en Belgique. Il fait la connaissance de René Magritte, Marcel Lecomte ou encore Irène Hamoir, qu’il épousera en 1930 et à qui il dédie beaucoup de poèmes. Il se rend alors régulièrement à Paris voir ses amis d’alors, Breton, Eluard ou encore Péret. Il intègre le groupe surréaliste belge et adopte l’écriture automatique.  

En mai 1940, avec sa femme, ils partent dans le sud de la France. Va naître une sorte de carnet de bord qu’il va tenir durant cinq ans, rassemblant des historiettes, des maximes ou des déclarations de sympathie pour la bande à Bonnot et le communisme, carnet qui sera publié sous le titre « Mes Inscriptions ».

À partir des années 1950, il collabore à des revues d’avant-garde telles que « La Carte d’après nature », « Les temps mêlés » ou « les lèvres nues » …

« Dieu : le meilleur des gargarismes. »

En 1947, déçu du communisme dont il espérait beaucoup, il l’abandonne et n’épargnera pas Staline. Lui qui à dès 13 ans fut un « fervent supporter de la bande à Bonnot », s’exprime désormais sur son espoir d’une révolution, sa vision consciemment manichéenne du monde et sa haine du terrorisme capitaliste. « Je veux l’égalité sociale absolue jusqu’à l’absurde parce que cet absurde le sera toujours moins que celui que je connais« . Par irrespect fondamental des valeurs bourgeoises, religieuses, artistiques et morales, il n’accepte guère le monde « tel qu’il est ».

« Le régime capitaliste, ils appellent ça la civilisation ».
« Nous avons aboli Dieu, démasqué la Morale, blanchi la Magie, rassit la Raison sur son trône de mythe. Ne vous en autorisez pourtant point pour vous conduire comme des salauds car, en enlevant ces repeints, nous avons peut-être mis à jour un fond plus répressif encore. »

Après la 2ème Guerre Mondiale, déçu par le surréalisme dont il déplore le côté commercial, les procédés et les techniques esthétiques devenus des recettes à but lucratif, la paresse générale qui abandonna toute audace, mais aussi l’attitude du « petit maître » André Breton, il rompt avec le mouvement.

Il avouera même plus tard que « C’est probablement par conservatisme que je reste révolutionnaire « …

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