C’est 3 jours après la cérémonie des césars 2020 qui récompensa Roman Polanski en tant que meilleur réalisateur pour son film « J’accuse » sur l’affaire Dreyfuss, que nous nous sommes réunies autour de la thématique féministe : Les femmes parlent aux femmes.

Autant vous dire que la soirée fut forcément animée! La prise en compte de la parole des victimes est notamment ressortie comme un véritable enjeu de notre société toujours trop fascinée par le pouvoir de l’image et de l’argent. 

Cette année, vous ne retrouverez pas les grandes voies féministes mais de vrais témoignages qui nous poussent à réfléchir à notre propre vision sur la place des femmes dans notre société.

Ce fut une soirée passionnante, comme tous les livres que vous retrouverez dans notre liste de titres conseillés.

Le consentement de Vanessa Springora

4e couverture : Au milieu des années 80, élevée par une mère divorcée, V. comble par la lecture le vide laissé par un père aux abonnés absents. A treize ans, dans un dîner, elle rencontre G. , un écrivain dont elle ignore la réputation sulfureuse. Dès le premier regard, elle est happée par le charisme de cet homme de cinquante ans aux faux airs de bonze, par ses oeillades énamourées et l’attention qu’il lui porte.
Plus tard, elle reçoit une lettre où il lui déclare son besoin  » impérieux  » de la revoir. Omniprésent, passionné, G. parvient à la rassurer : il l’aime et ne lui fera aucun mal. Alors qu’elle vient d’avoir quatorze ans, V. s’offre à lui corps et âme. Les menaces de la brigade des mineurs renforcent cette idylle dangereusement romanesque. Mais la désillusion est terrible quand V. comprend que G. collectionne depuis toujours les amours avec des adolescentes, et pratique le tourisme sexuel dans des pays où les mineurs sont vulnérables.
Derrière les apparences flatteuses de l’homme de lettres, se cache un prédateur, couvert par une partie du milieu littéraire. V. tente de s’arracher à l’emprise qu’il exerce sur elle, tandis qu’il s’apprête à raconter leur histoire dans un roman. Après leur rupture, le calvaire continue, car l’écrivain ne cesse de réactiver la souffrance de V. à coup de publications et de harcèlement.  » Depuis tant d’années, mes rêves sont peuplés de meurtres et de vengeance. Jusqu’au jour où la solution se présente enfin, là, sous mes yeux, comme une évidence : prendre le chasseur à son propre piège, l’enfermer dans un livre « , écrit-elle en préambule de ce récit libérateur. 
Plus de trente ans après les faits, Vanessa Springora livre ce texte fulgurant, d’une sidérante lucidité, écrit dans une langue remarquable. Elle y dépeint un processus de manipulation psychique implacable et l’ambiguïté effrayante dans laquelle est placée la victime consentante, amoureuse. Mais au-delà de son histoire individuelle, elle questionne aussi les dérives d’une époque, et la complaisance d’un milieu aveuglé par le talent et la célébrité.

Moi, Malala : Je lutte pour l’éducation et je résiste aux Talibans de Malala Yousafzai

4 couverture : Je n’étais pas triste. Je n’avais pas peur.
Je pensais juste : « peu importe ce à quoi je ressemble : je suis vivante. »  J’éprouvais de la reconnaissance.
J’ai jeté un coup d’œil au Dr Fiona.
Elle avait placé une boite de mouchoirs en papier entre nous ; j’ai compris qu’elle s’était attendue à ce que je pleure. Peut-être l’ancienne Malala aurait-elle pleuré.
Mais quand vous avez presque perdu la vie,
un visage grotesque dans un miroir est la preuve que vous êtes toujours ici, sur cette terre.

La tresse de Laetitia Colombani (conseillé par Laure)

4e couverture : Trois femmes, trois vies, trois continents. Une même soif de liberté.
Inde. Smita est une Intouchable. Elle rêve de voir sa fille échapper à sa condition misérable et entrer à l’école.
Sicile. Giulia travaille dans l’atelier de son père. Lorsqu’il est victime d’un accident, elle découvre que l’entreprise familiale est ruinée.
Canada. Sarah, avocate réputée, va être promue à la tête de son cabinet quand elle apprend qu’elle est gravement malade.
Liées sans le savoir par ce qu’elles ont de plus intime et de plus singulier, Smita, Giulia et Sarah refusent le sort qui leur est destiné et décident de se battre. Vibrantes d’humanité, leurs histoires tissent une tresse d’espoir et de solidarité.

Le bal des folles de Victoria Mas (conseillé par Stéphanie)

4e couverture : Chaque année, à la mi-carême, se tient un très étrange Bal des Folles. Le temps d’une soirée, le Tout-Paris s’encanaille sur des airs de valse et de polka en compagnie de femmes déguisées en colombines, gitanes, zouaves et autres mousquetaires. 
Réparti sur deux salles – d’un côté les idiotes et les épileptiques ; de l’autre les hystériques, les folles et les maniaques – ce bal est en réalité l’une des dernières expérimentations de Charcot, désireux de faire des malades de la Salpêtrière des femmes comme les autres. Parmi elles, Eugénie, Louise et Geneviève, dont Victoria Mas retrace le parcours heurté, dans ce premier roman qui met à nu la condition féminine au XIXe siècle.

La goûteuse d’Hitler de Rosella Postorino (conseillé par Stéphanie)

4e couverture : 1943. Reclus dans son quartier général en Prusse orientale, terrorisé à l’idée que l’on attente à sa vie, Hitler a fait recruter des goûteuses. Parmi elles, Rosa. Quand les S.S. lui ordonnent de porter une cuillerée à sa bouche, Rosa s’exécute, la peur au ventre : chaque bouchée est peut-être la dernière. Mais elle doit affronter une autre guerre entre les murs de ce réfectoire : considérée comme « l’étrangère », Rosa, qui vient de Berlin, est en butte à l’hostilité de ses compagnes, dont Elfriede, personnalité aussi charismatique qu’autoritaire. Pourtant, la réalité est la même pour toutes : consentir à leur rôle, c’est à la fois vouloir survivre et accepter l’idée de mourir.

Petit traité de sexisme ordinaire de Brigitte Grésy (conseillé par Stéphanie)

4e couverture : Comment débusquer, comprendre et combattre les mille et un traits du sexisme ordinaire dans le monde du travail ? Un manuel de résistance stimulant, salutaire et plein d’humour où nombre de femmes retrouveront toutes les petites blessures, mots et signes de condescendance, d’hostilité ou de rejet qui les déstabilisent sans qu’elles sachent y faire face. A travers un certain nombre au cour d’histoires de recueillies ses différentes le public et le privé rentes fonctions de responsabilité, Brigitte Grésy, auteur du Rapport sur l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes, analyse le piège millénaire des représentations et des stéréotypes et propose sa  » boîte à outils  » pour les dépasser et s’affirmer.

Lean In de Sheryl Sandberg (conseillé par Natacha)

4e couverture : In Lean In, Sheryl Sandberg reignited the conversation around women in the workplace.
Sandberg is chief operating officer of Facebook and coauthor of Option B with Adam Grant. In 2010, she gave an electrifying TED talk in which she described how women unintentionally hold themselves back in their careers. Her talk, which has been viewed more than six million times, encouraged women to “sit at the table,” seek challenges, take risks, and pursue their goals with gusto.
Lean In continues that conversationcombining personal anecdotes, hard data, and compelling research to change the conversation from what women can’t do to what they can. Sandberg provides practical advice on negotiation techniques, mentorship, and building a satisfying career. She describes specific steps women can take to combine professional achievement with personal fulfillment, and demonstrates how men can benefit by supporting women both in the workplace and at home.
Written with humor and wisdom,Lean In is a revelatory, inspiring call to action and a blueprint for individual growth that will empower women around the world to achieve their full potential. 

La mutante de Marie-Laure Susini (conseillé par Muriel)

4e couverture : À partir de quelques portraits de femmes célèbres, Marie-Laure Susini repère les jalons annonciateurs de la nouvelle figure féminine contemporaine. George Sand, prototype de la femme libérée, Gabrielle Chanel, la révoltée, l’émancipée et Margaret Mitchell, la scandaleuse : des femmes d’ « avant », qui ont ouvert la voie, encore prises dans la dynamique du patriarcat. Lisbeth Salander, l’amazone, héroïne de Millenium, Marissa Mayer, la madone mutante, présidente de Yahoo, pour celles d’aujourd’hui, lui permettent de dessiner le portrait de Crista, la guerrière contemporaine, qui a le pouvoir, l argent, l enfant. 
Elle décrit une mutation qui a vraiment commencé à la fin du XXème siècle sous l’effet de la science de la procréation. La filiation, les structures de la parenté, la cellule du couple et de la famille, les relations entre les deux sexes, tout ce qui a toujours structuré les sociétés humaines en est totalement modifié. La fonction du Père qui structurait symboliquement la société a cédé et la loi est devenue celle de la Mère. Les femmes ne s’en rendent pas encore compte car elles s’épuisent à devoir tout assumer. Mais une dynamique est en route qui fait s écrouler le patriarcat sans bruit sous nos yeux. Et « Les mutantes désormais sont aux commandes pour que les hommes et les femmes inventent ensemble leurs nouvelles relations » conclut l’auteur.

Kim Jiyoung, née en 1982 de Cho Nam Joo (conseillé par Geneviève et Sabine)

4e couverture : Kim Jiyoung est une femme ordinaire, affublée d’un prénom commun – le plus donné en Corée du Sud en 1982, l’année de sa naissance. Elle vit à Séoul avec son mari, de trois ans son aîné, et leur petite fille. Elle a un travail qu’elle aime mais qu’il lui faut quitter pour élever son enfant. Et puis, un jour, elle commence à parler avec la voix d’autres femmes. Que peut-il bien lui être arrivé ? 
En six parties, qui correspondent à autant de périodes de la vie de son personnage, d’une écriture précise et cinglante, Cho Nam-joo livre une photographie de la femme coréenne piégée dans une société traditionaliste contre laquelle elle ne parvient pas à lutter. Mais qu’on ne s’y trompe pas : Kim Jiyoung est bien plus que le miroir de la condition féminine en Corée – elle est le miroir de la condition féminine tout court. 

Becoming by Michelle Obama (conseillé par Barbara)

4e couverture : In a life filled with meaning and accomplishment, Michelle Obama has emerged as one of the most iconic and compelling women of our era. As First Lady of the United States of America—the first African American to serve in that role—she helped create the most welcoming and inclusive White House in history, while also establishing herself as a powerful advocate for women and girls in the U.S. and around the world, dramatically changing the ways that families pursue healthier and more active lives, and standing with her husband as he led America through some of its most harrowing moments. Along the way, she showed us a few dance moves, crushed Carpool Karaoke, and raised two down-to-earth daughters under an unforgiving media glare. 
 In her memoir, a work of deep reflection and mesmerizing storytelling, Michelle Obama invites readers into her world, chronicling the experiences that have shaped her—from her childhood on the South Side of Chicago to her years as an executive balancing the demands of motherhood and work, to her time spent at the world’s most famous address. With unerring honesty and lively wit, she describes her triumphs and her disappointments, both public and private, telling her full story as she has lived it—in her own words and on her own terms. Warm, wise, and revelatory, Becoming is the deeply personal reckoning of a woman of soul and substance who has steadily defied expectations—and whose story inspires us to do the same.

Bilqiss de Saphia Azzedine (conseillé par Lise)

Commentaire de Lise : Un livre dur, et drôle à la fois, sur un sujet dramatique : dans un pays où les intégristes religieux dominent, Bilqiss attend l’issue de son procès qui ne fait aucun doute. Au travers de ses discussions avec son juge et une journaliste américaine, l’auteur nous met face à nos contradictions d’occidentaux, face à la difficulté de… juger! Une belle découverte !

Puisque tout passe de Claire Chazal (conseillé par Sabine)

4e couverture : C’est sous le pavillon mélancolique d’un vers d’Apollinaire que Claire Chazal a choisi de rassembler ses souvenirs, ses secrets, ses joies, ses espérances, ses solitudes. Avec une lucidité rare, elle revisite ici son parcours de femme et de journaliste, convoque ses amis, ses regrets, ses enthousiasmes et se livre avec tendresse. On y retrouve la grande journaliste, la mère, l’amante, l’amie aux prises avec le Tout-Paris qui est parfois si injuste dans ses jugements et dans ses engouements. 
De chapitre en chapitre, défilent la plupart de ceux qui font ou ont fait sa vie professionnelle : on passe ainsi de Johnny à Adjani, de PPDA à Chéreau, de Houellebecq à « M. Chazal père », d’un chorégraphe à un homme politique, etc. Qui est vraiment Claire Chazal ? C’est ce que ce livre intime et sincère tente d’expliquer.

Les faire taire de Ronan Farrow (conseillé par Sabine)

4e couverture : En 2017, une simple enquête pour la chaîne de télévision NBC mène Ronan Farrow à une histoire dont on n’ose parler qu’à voix basse : un des producteurs les plus puissants de Hollywood serait un prédateur sexuel, protégé car il règne par la terreur et l’argent. Ainsi démarre l’affaire Harvey Weinstein.
Alors que Ronan Farrow se rapproche de la vérité, des hommes de l’ombre issus de prestigieux cabinets d’avocats et de cellules d’espions montent une campagne d’intimidation, menacent sa carrière, le traquent sans relâche et instrumentalisent son passé familial. Au même moment, il est confronté au sein de sa chaîne à un degré de résistance incroyable, mais il a enclenché le mouvement : partout dans le monde des femmes se lèvent pour témoigner.
Les faire taire c’est la voix de ces femmes qui ont tout risqué pour dire la vérité. Impressionnant travail d’investigation se lisant comme un thriller, Les faire taire nous invite dans les coulisses d’une enquête qui secoue notre époque.

Reflets dans un œil d’homme de Nancy Huston (conseillé par Bénédicte)

4e couverture : Nous incarnons bien moins que nous ne le pensons, dans notre arrogance naturelle et candide, la femme libre ou libérée. Nous montrons du doigt les femmes qui se couvrent les cheveux ; nous, on préfère se bander les yeux.
Un dogme ressassé à l’envi dans la France contemporaine : toutes les différences entre les sexes sont socialement construites. Pourtant les humains sont programmés pour se reproduire comme tous les autres mammifères, drague et coquetterie étaient originelle-ment liées à la perpétuation de l’espèce.
Partant de ce constat simple mais devenu anathème, Nancy Huston explore les tensions contradictoires introduites dans la sexualité en Occident par deux phénomènes modernes : la photographie et le féminisme.
Dans ce livre sensible et vibrant d’actualité, puissant et brillamment dérangeant, sur un ton personnel, drôle et pourtant informé, évoquant sans détours sa propre expérience comme celle des hommes qui l’entourent, Nancy Huston parvient à nous démontrer l’étrangeté de notre propre société, qui nie tranquillement la différence des sexes tout en l’exacerbant à travers les industries de la beauté et de la pornographie.

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