Poème sur le déluge.

« Tout avait disparu. L’onde montait sur l’onde.

Dieu lisait dans son livre et tout était détruit.

Dans le ciel par moments on entendait le bruit

Que font en se tournant les pages d’un registre.

L’abîme seul savait, dans sa brume sinistre,

Ce qu’étaient devenus l’homme, les voix, les monts. […]

On avait quelque temps distingué des maisons,

Des villes, des palais difformes, des fantômes

De temples dont les flots faisaient trembler les dômes ;

Puis l’angle des frontons et la blancheur des fûts

S’étaient mêlés au fond de l’onde aux plis confus ;

Tout s’était effacé dans l’horreur de l’eau sombre.

Le gouffre d’eau montait sous une voûte d’ombre ;

Par moments, sous la grêle, au loin, on pouvait voir

Sur le blême horizon passer un coffre noir ;

On eût dit qu’un cercueil flottait dans cette tombe. »

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