La rentrée littéraire de septembre 2019 propose 524 romans contre 567 en 2018. Pour info, l’année record fut 2007 avec un total de 727 livres parus entre fin août et début novembre. La rentrée littéraire 2019 s’inscrit ainsi comme la plus réduite depuis 20 ans. Le nombre de livres français diminue lourdement en passant de 381 en 2018 à 336 cette année. Le nombre de premiers romans descende également à 81 contre 94 en 2018.

Auteurs et éditeurs ont en ligne de mire les grands prix littéraires de l’automne. Les romans de la rentrée passeront à la moulinette des sélections des jurys des prix littéraires. Ainsi, le jury du Goncourt qui décerne le plus prestigieux des prix littéraires du monde francophone doit faire connaître sa première sélection le 3 septembre (le prix sera remis le 4 novembre). Les autres jurys (Renaudot, Médicis, Femina) publieront leur propre sélection dans la foulée des jurés du Goncourt.

Parmi les motifs et thèmes abordés, sont présentes les questions les plus actuelles et brûlantes (les violences faites aux femmes, les migrants et les réfugiés…), cependant l’intimité demeure une source essentielle et inépuisable d’inspiration.

Voici nos conseils, bonnes lectures !

La tentation de Luc Lang (Alice)

Commentaire d’Alice : Encore un superbe roman de Luc Lang… on est totalement pris dans la lecture, envoûté par ses descriptions de la nature sauvage, de cette rencontre entre l’homme et l’animal encore teintée de respect puis des rencontres entre les hommes qui la par contre dérapent complètement. 
En quelques mots nous suivons François, chirurgien quinquagénaire qui vient se ressourcer dans le relais de chasse familial. Dans cette nature sauvage il est assailli d’angoisses concernant son épouse, la fantasque Maria, son fils, requin de la finance vivant a New York mais surtout sa fille, étudiante en médecine qui ne répond plus au téléphone. Il s’imagine toutes sortes de scénario, mais la réalité dépasse de loin ce qu’il peut envisager… Ou est-ce bien la réalité? L’écriture poétique, hypnotique et la construction en spirale nous en fait douter… J’ai adoré ce livre magistral

Les guerres intérieures de Valérie Tong Cuong (Alice)

Commentaire d’Alice : Grand coup de cœur pour ce livre ! Nous suivons les destins entrecroisés de Pax, acteur en attente d’opportunité, de Emi, jolie employée aux RH et de son fils Alexis, victime d’une agression sauvage. A travers les manquements, les blessures, les peurs et culpabilités de chacun malgré tout une histoire d’amour et de rédemption se dessine…
C’est très bien écrit, les personnages sont attachants et surtout tellement humains… on peut se mettre à la place de chacun d’eux et se dire « et moi qu’aurais-je fait? » – A lire absolument !!

Une partie de Badminton d’Olivier Adam (Lise)

Commentaire de Lise : Rentrée littéraire pour Olivier Adam, l’un de mes auteurs préférés. Même si ce n’est pas son meilleur opus, j’ai retrouvé avec plaisir ses thèmes de prédilection et l’atmosphère hautement visuelle, mélancolique et légèrement décalée qui le caractérisent. C’est une chanson d’Alain Chamfort qui donne son titre au roman « Exister quel sport de rue/ Sûr c’est pas du badminton/ Exister si j’avais su/ Aurais-je décliné la donne ». Le ton est donné. Adam retrouve Paul, son double, écrivain en perte de vitesse, qui ramène sa famille en Bretagne où ils ont déjà passé de nombreuses années avant de vivre à Paris. Un retour en arrière, mal vécu surtout par Manon, l’aînée de 16 ans, un peu mieux par Clément, 10 ans (les prénoms, déjà, des enfants de « Des vents contraires »). Paul erre, travaille tant bien que mal comme journaliste au canard du coin, poste décroché grâce à l’appui du maire, tandis que Sarah, son épouse, a obtenu sa mutation dans un lycée proche. Beaucoup de regrets, de doutes… Et puis… tout part en vrille, et plus rien ne va, Sarah ment, Manon fugue, une femme semble suivre Paul à la trace, un ami proche perdu de vue décède, ses articles ne font pas que des heureux parmi les élus. Paul garde le cap, tant bien que mal. La fin devient par trop caricaturale pour moi, et l’auteur m’a donné l’impression de vouloir caser certains thèmes porteurs (immigration, diversité…), mais les dernières pages rattrapent le tout, et j’ai comme toujours trouvé formidables ses descriptions des paysages maritimes bretons, moi qui pourtant, ne jure que par la montagne !

Nobelle de Sophie Fontanel (Sabine)

Commentaire de Sabine : L’écriture de Sophie Fontanel est douce et pétillante à la fois, c’est toujours un bonheur de la lire. Une fois n’est pas coutûme , elle a choisi d’écrire un roman de fiction. Son héroïne, Annette est devenue une écrivaine reconnue qui reçoit le prix Nobel de littérature. Lorsqu’elle va chercher son prix à Stockholm, elle écrit un discours dans lequel elle raconte l’été de ses 10 ans à Saint-Paul-de-Vence et ce qui cet été-là, a déclenché sa vocation. C’est frais, c’est pur et intelligent. Une lecture très agréable qui prolonge les vacances.

Le Schmock d’Franz-Olivier Giesbert (Sabine)

Commentaire de Sabine : Une très belle démonstration d’histoire; cette histoire qui pourrait se répéter s’il l’on y prend garde. Franz-Olivier Giesbert signe là un portrait certes fictif mais interpellant d’Adolf Hitler et retrace la montée du nazisme en Allemagne en parvenant sans en avoir l’air à mettre en avant certaines similitudes avec la période que nous vivons actuellement. C’est fin et éclairant. Les personnages féminins sont extraordinaires. Je le recommande!

Soif d’Amélie Nothomb (Muriel)

Commentaire de Muriel : Pour éprouver la soif, il faut être vivant. » Amélie Nothomb « On n’apprend des vérités si fortes qu’en ayant soif, qu’en éprouvant l’amour et en mourant : trois activités qui nécessitent un corps. » Avec sa plume inimitable, Amélie Nothomb donne voix et corps à Jésus Christ, quelques heures avant la crucifixion. Elle nous fait rencontrer un Christ ô combien humain et incarné, qui monte avec résignation au sommet du Golgotha. 

Dévorer le ciel de Paolo Giordano (Bénédicte)

Quatrième de couverture :Chaque été, Teresa passe ses vacances chez sa grand-mère, dans les Pouilles. Une nuit, elle voit par la fenêtre de sa chambre trois garçons se baigner nus dans la piscine de la villa. Ils s’appellent Nicola, Bern et Tommaso, ce sont  » ceux de la ferme  » d’à côté, jeunes, purs et vibrants de désirs. Teresa l’ignore encore, mais cette rencontre va faire basculer sa vie en l’unissant à ces trois  » frères  » pour les vingt années à venir, entre amours et rivalités, aspirations et désillusions. Fascinée par Bern, personnage emblématique et tourmenté, viscéralement attaché à la terre somptueuse où il a grandi, elle n’hésitera pas, malgré l’opposition de sa famille, à épouser ses idéaux au sein d’une communauté fondée sur le respect de la nature et le refus du monde matérialiste, à l’image de la génération des années 90, tiraillée entre le besoin de transgression et le désir d’appartenance, mais entièrement tendue vers l’avenir, avide de tout, y compris du ciel.

A la demande d’un tiers de Mathilde Forget (Natacha)

Quatrième couverture : C’est le genre de fille qui ne réussit jamais à pleurer quand on l’attend.
Mais la narratrice et la fille avec qui elle veut vieillir ont rompu. Elle a aussi dû faire interner sa sœur Suzanne en hôpital psychiatrique. Définitivement atteinte du syndrome du cœur brisé, elle se décide à en savoir plus sur sa mère, qui s’est suicidée lorsqu’elle et Suzanne étaient encore enfants.
La voix singulière de Mathilde Forget réussit à faire surgir le rire d’un contexte sinistre et émeut par le moyen détourné de situations cocasses. Sur un ton à la fois acide et décalé, elle déboussole, amuse et ébranle le lecteur dans un même élan.

Feel good de Thomas Gunzig (Cécile)

Quatrième couverture : « Ce qu’on va faire, c’est un braquage. Mais un braquage sans violence, sans arme, sans otage et sans victime. Un braquage tellement adroit que personne ne se rendra compte qu’il y a eu un braquage et si personne ne se rend compte qu’il y a eu un braquage, c’est parce qu’on ne va rien voler. On ne va rien voler, mais on aura quand même pris quelque chose qui ne nous appartenait pas, quelque chose qui va changer notre vie une bonne fois pour toutes. » 

Le bal des folles de Victoria Mas (Cécile)

Quatrième couverture : Chaque année, à la mi-carême, se tient un très étrange Bal des Folles. Le temps d’une soirée, le Tout-Paris s’encanaille sur des airs de valse et de polka en compagnie de femmes déguisées en colombines, gitanes, zouaves et autres mousquetaires. 
Réparti sur deux salles – d’un côté les idiotes et les épileptiques ; de l’autre les hystériques, les folles et les maniaques – ce bal est en réalité l’une des dernières expérimentations de Charcot, désireux de faire des malades de la Salpêtrière des femmes comme les autres. Parmi elles, Eugénie, Louise et Geneviève, dont Victoria Mas retrace le parcours heurté, dans ce premier roman qui met à nu la condition féminine au XIXe siècle.

Une joie féroce de Sorj Chalandon (Florence)

Quatrième couverture : Jeanne, qui a passé ses jours à s’excuser est brusquement frappée par le mal. « Il y a quelque chose », lui a dit le médecin en découvrant ses examens médicaux. Quelque chose. Pauvre mot. Stupéfaction. Et autour d’elle, tout se fane. Son mari, les autres, sa vie d’avant. En guerre contre ce qui la ronge, elle va prendre les armes. Jamais elle ne s’en serait crue capable. Elle était résignée, la voilà résistante. Jeanne ne murmure plus, ne sourit plus en écoutant les autres. Elle se dresse, gueule, griffe, se bat comme une furie. Elle s’éprend de liberté. Elle découvre l’urgence de vivre, l’insoumission, l’illégalité, le bonheur interdit, une ivresse qu’elle ne soupçonnait pas.
Avec Brigitte la flamboyante, Assia l’écorchée et l’étrange Mélody, trois amies d’affliction, Jeanne la rebelle va détruire le pavillon des cancéreux et élever une joyeuse citadelle.

Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon de Jean-Paul Dubois (Catherine)

Cela fait deux ans que Paul Hansen purge sa peine dans la prison provinciale de Montréal, où il partage une cellule avec Horton, un Hells Angel incarcéré pour meurtre. 
Fils d’un pasteur danois et d’une exploitante de cinéma à Toulouse, Paul Hansen vivait déjà au Canada quand s’est produit le drame.
Une église ensablée dans les dunes d’une plage, une mine d’amiante à ciel ouvert et les méandres d’un fleuve couleur argent, les ondes sonores d’un orgue ou les traînées de condensation d’un aéroplane composent les paysages de ce roman. 
Histoire d’une vie, Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon est l’un des romans les plus aboutis de Jean-Paul Dubois. On y découvre un écrivain possédant au plus haut point le sens de la fraternité et animé par un sentiment de révolte à l’égard de toutes les formes d’injustice.

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