Qui pensait encore que le club ne suivait pas l’actualité internationale ? ;-).

En effet, le 1er mai 2019, à minuit, le Japon est entré dans « Reiwa » (la belle harmonie), nom donné à l’ère correspondant au règne du nouvel empereur Naruhito, le 126e de la plus ancienne dynastie du monde. 

C’est le gouvernement qui a décidé du nom de l’ère sans consulter le monarque. Le premier ministre Shinzo Abe a expliqué la signification de cette appellation : « Quand les coeurs sont en harmonie, la culture peut fleurir« .
 Nous nous sommes ainsi retrouvées ce lundi autour de la thématique sur la littérature japonaise en toute harmonie ;-)).

En présentant chacune nos livres, nous nous sommes vite rendu compte de ce que nous avions aimé dans cette littérature. 
Presque toujours ce sont ces deux aspects:
1- l’expression pudique des sentiments 
2- le sens donné à chaque détail de la vie quotidienne.
Il s’en dégage une légèreté sans futilité et un point de vue souvent ouvert, en tous les cas toujours constructif. 

Voici donc nos conseils :

Les mémoires d’un chat de Hiro Arikawa (Natacha)

4e couverture : Un changement dans la vie de Satoru fait qu’il doit se séparer de Nana, son chat adoré. Débute alors une série de voyages chez des amis d’enfance, aux quatre coins du Japon, pour lui trouver un nouveau foyer. Mais le rusé matou, narrateur de ce savoureux roman, ne l’entend pas de cette oreille : il fera tout pour rester avec Satoru et prolonger l’aventure.

Une affaire de famille – Shoplifters de Hirokazu Kore-eda (Alice)

4e couverture : Au retour d’une expédition de vol à l’étalage avec son fils, Osamu recueille dans la rue une petite fille qui semble livrée à elle-même et qui lutte pour survivre dans le froid glacial. D’abord réticente à l’idée d’abriter l’enfant, la femme d’Osamu accepte de s’occuper d’elle lorsqu’elle comprend que ses parents la maltraitent.
Malgré leur pauvreté, les membres de cette famille semblent vivre heureux, jusqu’à ce qu’un événement inattendu ne révèle leurs secrets les plus terribles…

Fuki-No-To d’Aki Shimazaki (Geneviève)

4e couverture : Atsuko est heureuse dans la petite ferme biologique dont elle a longtemps rêvé. Ses affaires vont bien, il lui faudra bientôt embaucher de l’aide. Quand son mari a accepté de quitter la ville pour partager avec sa famille cette vie à la campagne qui ne lui ressemble pas, elle a su reconnaître les sacrifices qu’il lui en coûtait. Mais une amie qui resurgit du passé la confronte elle aussi à des choix : Atsuko va devoir débroussailler son existence et ses désirs, aussi emmêlés qu’un bosquet de bambous non entretenu.

Le poids des secrets d’Aki Shimazaki (Muriel & Catherine) 

Commentaire de Muriel : Pentalogie de 5 courts romans retraçant une histoire familiale complexe et intense, ancrée dans l’histoire du Japon et de la Corée du 20 ème siècle. Dans chaque tome, l’histoire est narrée par un membre distinct de la famille (du plus jeune au plus vieux). Poignant et délicat.

La petite pièce hexagonale de Yoko Ogawa (Muriel & Catherine) 

Commentaire de Muriel : Histoire obsédante, surréaliste, aux relents psychanalytiques. Une jeune femme à la vie supposée insipide va être attirée par une personne rencontrée au hasard et va la suivre jusque dans un parc où se trouve « la petite pièce hexagonale », une pièce où la parole est libre. Elle va retourner à maintes reprises vers cette pièce qui va la passionner jusqu’à l’obsession.

Jeune fille à l’ouvrage de Yoko Ogawa (Muriel & Bénédicte)

Commentaire de Muriel : Recueil de nouvelles. Littérature poétique. Atmosphère douce et mélancolique. Eloge de la lenteur, des petits détails du quotidien qui, bien que banals, forment un tout harmonieux et apaisant.

Les tendres plaintes de Yoko Ogawa (Lise)

Commentaire de Lise : C’est un morceau de musique de Rameau qui donne son titre à ce roman lent, poétique et triste, et c’est peut-être la retenue des émotions, ou de leur expression, qui m’a laissée un peu ‘en dehors’ du livre. Ruriko se réfugie dans un chalet après une énième dispute avec son mari volage, un endroit éloigné de tout, près d’un lac, d’une forêt, avec pour seule compagnie la propriétaire de l’auberge à proximité qui la ravitaille. Les journées s’écoulent, lentement, Ruriko travaille un peu à la calligraphie d’un manuscrit, et rencontre ses voisins, Nitta, qui fabrique des clavecins, et son assistante Kaoru. Nitta, ancien pianiste, n’est plus capable de jouer devant un public, et s’est retiré du monde pour construire des instruments magnifiques. Au fil des pages, les saisons s’écoulent, rythmées par les changements de lumière, des rencontres fortuites ou organisées entre les protagonistes, la musique… Jusqu’à ce qu’un jour, Ruriko découvre Nitta jouant ‘Les tendres plaintes’ pour Kaoru… C’est un livre érudit, intéressant mais pour moi par trop sobre et peu expressif alors que les personnages sont censées vivre de grandes émotions fortes. La culture japonaise sans doute …

Ma vie de Geisha de Mineko Iwasaki (Patricia) 

4e couverture : « Mon nom est Mineko. Ce n’est pas le nom que mon père m’ a donné à ma naissance. C’est celui qu’ont choisi les femmes chargées de faire de moi une geisha, dans le respect de la tradition millénaire. Je veux raconter ici le monde des fleurs et des saules, celui du quartier de Gion. Chaque geisha est telle une fleur par sa beauté particulière et tel un saule, arbre gracieux, souple et résistant. On a dit de moi que j’étais la plus grande geisha de ma génération ; en tout cas j’ai frayé avec les puissants et les nobles. Et pourtant, ce destin était trop contraignant à mes yeux. Je veux vous raconter ce qu’est la vraie vie d’une geisha, soumise aux exigences les plus folles et récompensée par la gloire. Je veux briser un silence vieux de trois cents ans. »
Un témoignage exclusif, des révélations à couper le souffle, Mineko Iwasaki nous livre ici un témoignage surprenant sur un art de vivre aussi fascinant que cruel.

La papeterie Tsubaki de Ito Ogawa (Catherine)

4e couverture : Hatoko a vingt-cinq ans et la voici de retour à Kamakura, dans la petite papeterie que lui a léguée sa grand-mère. Le moment est venu pour elle de faire ses premiers pas comme écrivain public, car cette grand-mère, une femme exigeante et sévère, lui a enseigné l’art difficile d’écrire pour les autres.
Le choix des mots, mais aussi la calligraphie, le papier, l’encre, l’enveloppe, le timbre, tout est important dans une lettre. Hatoko répond aux souhaits même les plus surprenants de ceux qui viennent la voir : elle calligraphie des cartes de vœux, rédige un mot de condoléances pour le décès d’un singe, des lettres d’adieu aussi bien que d’amour. A toutes les exigences elle se plie avec bonheur, pour résoudre un conflit, apaiser un chagrin.
Et c’est ainsi que, grâce à son talent, la papeterie Tsubaki devient bientôt un lieu de partage avec les autres et le théâtre de réconciliations inattendues.

Le ruban de Ito Ogawa (Catherine)

4e couverture : Sumire est passionnée par les oiseaux. Quand elle trouve un oeuf tombé du nid, elle le met à couver et offre l’oisillon à sa petite-fille Hibari, en lui expliquant qu’il est le ruban les reliant à jamais. Mais un jour l’oiseau s’enfuit de sa cage, apportant joie et réconfort partout où il passe.
Roman grave et lumineux où l’on fait caraméliser des guimauves à la flamme et où l’on meurt aussi, comme les fleurs se fanent, confie donc à un oiseau le soin de tisser le fil de ses histoires.
Un messager céleste pour des histoires de profonds chagrins, de belles rencontres, et de bonheurs saisis au vol.

Instantanés d’Ambre de Yoko Ogawa (Catherine)

4e couverture : Alors que leur petite sœur est morte, trois enfants sont enfermés par leur mère inquiète jusqu’à la névrose. Ce roman est une ode à la poésie de l’enfance, à la beauté de ses imaginaires habités par la présence des animaux, celle des objets et des sons, ici celle des pierres pour contrebalancer peut-être la dureté des adultes, et l’expérience toujours trop précoce de la perte, de l’absence et du chagrin.
Un très grand roman d’Ogawa, peut-être le plus fort. Un livre sur la maltraitance mais aussi et surtout sur la capacité des enfants à faire abstraction du mal, à persister dans l’amour filial, à survivre en tenant la peur à distance.

La marche de Mina de Yoko Ogawa (Catherine)

4e couverture : Après le décès de son père, alors que sa mère doit s’éloigner pour parfaire sa formation professionnelle, la petite Tomoko est revue pour un an chez son oncle et sa tante.
Tomoko a douze ans ; à Kobe, son oncle l’attend sur le quai de la gare. Il la serre dans ses bras et la conduit jusqu’à la très belle demeure familiale. Pour Tomoko, tout est ici singulièrement différent. Sa cousine Mina passe ses journées dans les livres, collectionne les boîtes d’allumettes illustrées sur lesquelles elle écrit des histoires minuscules ; un hippopotame nain vit dans le jardin, son oncle a des cheveux châtains, il dirige une usine d’eau minérale et la grand-mère se prénomme Rosa.
Au coeur des années soixante-dix, Tomoko va découvrir dans cette maison l’au-delà de son archipel : à travers la littérature étrangère, les récits de Rosa sur son Allemagne natale et la retransmission des Jeux olympiques de Munich à la télévision, c’est un tout autre paysage qui s’offre à elle.

Le petit joueur d’échec de Yoko Ogawa (Catherine)

4e couverture : Un petit garçon né avec les lèvres scellées vit aujourd’hui avec un léger duvet sur la bouche, une hypersensibilité à tout déplacement d’air. Après la disparition de sa mère, il passe de longs moments sur la terrasse d’un grand magasin, là où serait morte l’éléphante Indira. On dit que ce bel animal, mascotte d’un lancement promotionnel, devint un jour trop gros pour quitter les lieux.
Un matin, cet enfant solitaire découvre le corps d’un homme noyé dans le bleu d’une piscine. Et c’est en cherchant à savoir qui était ce malheureux que le gamin rencontre un gardien d’usine, un être obèse installé dans un autobus immobile et magique. Dès lors se dessinent entre eux une confiance quasi filiale, une relation toute familiale, un désir de legs, une envie d’héritage.
L’homme, passionné par les échecs, va faire du gamin son héritier de coeur, il va lui enseigner la stratégie du jeu, tout un art auquel le jeune garçon ajoute une spécificité : il joue tel un aveugle, sans voir son adversaire, sans voir les pions…

Le restaurant de l’amour retrouvé de Ito Ogawa (Sabine)

Commentaire de Sabine : Ito Ogawa raconte l’histoire d’une jeune femme Rinco partie à la ville chez sa grand-mère pour trouver l’amour. Malheureusement sa grand-mère décède, son petit ami la quitte et part avec toutes ses affaires. Le choc lui fait perdre la voix et la contraint à retourner vivre à la campagne chez sa mère. Une mère très excentrique qu’elle n’a jamais vraiment comprise. C’est un beau roman poétique et positif à la fois sur la relation mère-fille et sur le sentiment amoureux évoqué ici à travers les recettes pleines de saveurs de la jeune Rinco. C’est un vrai délice!

Le fusil de Chasse de Yasushi Inoué (Florence)

4e couverture : Trois lettres, adressées au même homme par trois femmes différentes, forment la texture tragique de ce récit singulier. Au départ, une banale histoire d’adultère. À l’arrivée, l’une des plus belles histoires d’amour de la littérature contemporaine.
Avec une formidable économie de moyens, dans une langue subtilement dépouillée, Yasushi Inoué donne la version éternelle du couple maudit.

Gibier d’élevage de Kensaburo Oé (Karine)

Commentaire de Karine : En pleine guerre, un avion américain s’écrase dans les montagnes japonaises. Le rescapé est aussitôt fait prisonnier par les villageois. Or il est noir… Aux yeux du jeune enfant naïf et émerveillé qui raconte cet épisode, sa nationalité, sa race, sa langue n’en font pas un étranger on un ennemi, mais une simple bête dont il faut s’occuper. Un extraordinaire récit classique, une parabole qui dénonce la folie et la bêtise humaines.
Kensaburo Oé a reçu le prix Nobel de littérature en 1994.

2 thoughts on “La littérature japonaise

  1. J’apprécie beaucoup la littérature japonaise et j’aime tout particulièrement les titres d’Ito Ogawa qui a une écriture remplit de douceur et dont à chaque fois je sors vraiment apaisée. Je ne connais pas tous les titres de la sélection, mais je les note pour découvrir un peu plus la littérature japonaise 😀

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